La chronique culturelle du Tof

12 janvier 2018 - 10:37

Depuis quelque temps, une idée saugrenue me trotte dans la tête : pourquoi ne pas apporter à ce site sportif une petite touche culturelle ? Voilà, c’est fait, cette chronique apparaitra le plus souvent possible au grès de mes idées et du temps libre que j’ai pour les mettre sur papier.

Fin des années 80, "le professeur Rollin avait toujours quelque chose à dire", hé bien aujourd’hui "le Tof a toujours une connerie à sortir". Sur ce principe, ma chronique culturelle tentera de répondre de façon la plus pertinente possible à des questions ayant un rapport avec notre sport favori qu’est le Tennis de Table.

Pour cette première édition et pour attirer le chaland, nous commencerons par une question légère et surprenante :

 

Faut-il avoir du doigté pour jouer au Ping ?

 

J’entends déjà des pensés grivoises et pourtant il n’y a aucune connotation osée dans cette question. Je vous rappelle que dans une prise de raquette classique, c’est l’index qui est tendu…

Cette question est inspirée de faits réels que pratiquement tous les joueurs ont vécus au moins une fois dans leur vie.

 

En musique, le doigté est une notation sur la partition qui indique quels doigts sont à utiliser dans le jeu de certains instruments.

Au Ping, je pense que le doigté est l’art de renvoyer la balle sans utiliser la raquette mais ses doigts.

 

Pour bien comprendre le doigté, relisons ensemble le règlement qui est relativement précis :

    2.5.7 Un joueur “frappe la balle” s'il la touche avec sa raquette, tenue dans la main, ou avec la main de la raquette, au-dessous du poignet. Un renvoi effectué seulement avec la main ayant lâché la raquette n'est pas “régulier” car ce n'est plus “la main de la raquette”. Un renvoi effectué avec la raquette seule, après qu'elle ait échappé de la main ou ait été lancée par cette dernière, n'est, de même, pas "régulier”, car la raquette n'est pas tenue. Un joueur peut faire passer sa raquette d'une main à l'autre pendant un échange.

    2.10.1 A moins que l'échange ne soit à remettre, un joueur marque un point :

           2.10.1.7 si son adversaire frappe délibérément la balle deux fois consécutivement.

Il faut donc en conclure plusieurs choses :

    1- Que vous ne pouvez effectuer un doigté qu’avec la main qui tient la raquette. Mais bonne nouvelle, si vous êtes plus expert avec votre autre main, facile, vous n’avez qu’à changer la raquette de main, c’est autorisé.

    2- Vous ne pouvez utiliser qu’un seul doigt car la balle doit toucher le doigt et QUE le doigt. Si avant ou après elle touche aussi le revêtement, une autre partie de la raquette ou un autre doigt par exemple, cela s'assimile à un double contact, dans ce cas c'est point perdu. Donc même si l’envie vous prend d’y mettre plusieurs doigts pour faire plus d’effet, cela n’est pas possible.

    3- Comme le règlement indique "consécutivement", cela signifie, selon moi, que si l'on frappe la balle en touchant simultanément le doigt et la raquette, le point serait valable. Pas facile à faire et pas facile à juger pour l’arbitre. Il vaut donc mieux s’en tenir à un doigt franc et bien net pour éviter les litiges.

Non savons maintenant ce qu’est un doigté, mais faut-il encore savoir l’exécuter.

 

L’exécution d’un doigté est le plus souvent le résultat d’un problème psychomoteur momentané se traduisant par un ratage plus ou moins complet de la frappe de balle. Cette frappe ne s’effectuant plus avec l’instrument prévu à cet effet mais avec un doigt. Le choix du doigt est généralement fonction du geste pongistique que l’on avait prévu de faire : le pouce pour un coup droit, l’index pour un revers. Mais l’avantage avec la technique du doigté c’est qu’elle est totalement personnalisable. D’aucuns choisiront de renvoyer avec l’ongle, d’autres avec l’os, certains avec le coté mais tout le monde s’accorde à dire que le choix de l’emplacement de l’impact de la balle avec le doigt n’est pas prémédité et que le doigté n’est nullement voulu par le joueur car ses conséquences sont imprévisibles. De plus, la probabilité de retourner correctement la balle avec un doigté est très faible donc peu de joueurs veulent se servir de cette technique. Et pourtant, si on se donnait la peine d’apprendre dans nos écoles de Ping cette façon singulière de renvoyer la balle, le jeu s’en trouverait renouvelé. L’importance du revêtement serait aussi moins grande vu qu’on jouerait moins avec. Fini les picots longs et autres revêtements énervants ! Mais une nouvelle question se pose : faut-il avoir un doigt long ou un doigt gros ? Les deux Mon Adjudant ! Si je pousse la réflexion un peu plus loin : rien dans le règlement ne semble interdire de porter des gants, alors : gant de foot ou gant de boxe ? N’hésitez pas à apporter ces deux accessoires lors du prochain entrainement pour vous faire votre propre opinion. La technique étant bien apprise, passons maintenant à l’effet qu’elle provoque.

 

Dans notre sport, il existe de nombreux effets de balle (coupé, lifté, tordu, etc) mais le plus impressionnant reste l’effet doigté. On n’en parle pas assez souvent de celui-là parce qu’il est très difficile à exécuter. Il est très déstabilisant car le plus souvent imprévisible. Il se traduit par une rotation farfelue de la balle s’accompagnant presque à chaque fois d’une trajectoire tout aussi incompréhensible. Lorsque par miracle, la balle doigtée retombe du bon côté de la table, son rebond peut être qualifié de surprenant. Si votre adversaire arrive à vous renvoyer une telle balle, il fait généralement le point. En revanche s’il fait la faute, cela s’accompagne toujours de quelques noms d’oiseaux à votre encontre (veinard, enfoiré, salaud, voir même chateux, alors qu’il n’y a aucun rapport entre le Ping et les chats)

Qui n’a jamais doigté et surpris son adversaire avec un effet improbable ou une trajectoire de balle façon dessins animés ?

 

En conclusion et pour répondre à la question principale : oui, il faut avoir du doigté pour jouer au Ping.

Cela change des coins de table chanceux et des filets irrattrapables. On prend donc toujours plaisir à faire un bon doigté. Mais attention, il peut aussi faire très mal surtout quand le doigt est froid. C’est à ce moment-là qu’on se dit qu’un échauffement doit être fait complétement jusqu’au bout des doigts et ne pas s’arrêter aux poignets.

 

J’espère que pour cette première chronique, le sujet abordé (sans aucune arrière-pensée) vous a plu et qu’elle a atteint son but : accroitre vos connaissances sur le Tennis de table.

 

Sportives salutations !

Votre rédacteur de l’extrême.

Commentaires

Staff
HERVE URBAIN alias Benhur
HERVE URBAIN alias Benhur 17 janvier 2018 16:40

Doigt-on lever le doigt professeur pour apporter un élément utile à la chronique ? Doigt-on parler de coup de patte ou de patte-doigt pour réaliser un doigté pongiste aux petits oignons ou divergent ? Et si cela merdoigt, un bon rince-doigt à la pause permettrait-il de remettre le doigt d'applomb pour réaliser d'autres fameux effets ? Peut m'importe, en doigte ligne, je me plais à penser, que mon ami Tof doigt avoir une tête bien aérée, pour se dé"doigt"ner de penser que la maitrise d'un tel geste relève de la volonté de son auteur !!

Staff
Christophe POISOT
Christophe POISOT 15 janvier 2018 10:15

Effectivement, le point 2.10.1.7 utilise le terme "délibérément", ce qui voudrait dire que si on ne fait pas exprès de toucher la balle 2 fois avec la raquette ou avec la raquette et un doigt alors le point serait bon. Merci de cette précision Bob.

bob l'éponge2 12 janvier 2018 13:12

un double contact main raquette consécutif et non simultané est considéré comme bon. A partir du moment ou il n'est pas réalisé de façon volontaire bien sûr...

Kévin Berger 12 janvier 2018 12:01

Super rubrique ! Merci tof.